Le Chien de garde

La Fête nationale du Québec avec des nazis ? Impensable et insensé…

Posted in Culture et identité, Politique québécoise, Société by Le Chien de garde du Québec on juin 21, 2009

Logo Chien de garde du QuébecLe 15 juin dernier, le Chien de garde du Québec vous informait de la « non-saga » entourant l’Autre Saint-Jean (célébration fêtant la Saint-Jean française et francophone) et l’exclusion de deux groupes de musiques parce qu’ils chantaient en anglais seulement. Pour plus d’informations sur cet événement, vous pouvez consulter le billet du Chien de garde paru le 15 juin 2009 sur son blogue ( https://chiendegarde.wordpress.com ) ou sur Facebook dans les articles publiés dans les profils de Stéphane Chagnon et Mathieu Hébert. Cependant, un nouvel article est nécessaire puisque de nouveaux développements se sont produits cette semaine et non pas parmi les moindres…

La première nouvelle en est une positive et le Chien de garde ne peut que s’en féliciter ainsi que tous ceux qui sont sortis sur la place publique pour prendre position en faveur de celle-ci. Les deux groupes précédemment évincés ont finalement eu la garantie qu’ils pourraient offrir leur performance le 24 juin prochain. Cette volte-face n’a été rendue possible que parce que, pour la première fois depuis bien longtemps, les Québécois ont jappé fort et à l’unisson pour dire NON au sectarisme et à la cassure sociale sans retour possible en arrière que celle-ci occasionne à une société. Félicitation à tout le monde ayant fait entendre leur voix et le Chien de garde est très fier de voir que d’autres comme lui n’hésitent pas à montrer les crocs et à aboyer lorsque l’idéal de tolérance et d’ouverture, qui fait du Québec moderne une société que beaucoup d’autres peuvent considérer comme un exemple à suivre, est menacé par des démagogues à l’esprit étroit. Pour plus d’informations à ce sujet, le Chien de garde vous invite à consulter la chronique d’André Pratte de La Presse en suivant le lien suivant : http://www.cyberpresse.ca/opinions/editorialistes/andre-pratte/200906/17/01-876343-le-nationalisme-douverture.php .

La deuxième nouvelle est cependant moins bonne que la première puisqu’un dérapage est une escalade du conflit est à prévoir dans les prochaines semaines. Josh Freed, du journal The Gazette, a déclaré dans une de ses chroniques de cette semaine que « les opposants à la présence de groupes de musique anglophones à la Saint-Jean lui rappellent les SS » – voir  la garde personnelle nazi d’Adolf Hitler. Il est possible d’avoir un rapide point de vue sur ce sujet en consultant le lien suivant : http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200906/20/01-877587-allusion-aux-ss-des-souverainistes-deposent-une-plainte-contre-the-gazette.php . Le Chien de garde croit qu’un dérapage ainsi qu’une absence de mesure dans le choix de termes à haute connotation a eu lieu lors de cette intervention.

Certes, la quête des opposants à l’anglais de l’Autre Saint-Jean est sans fondement et surtout impropre à la réalité concrète du visage humain du Québec d’aujourd’hui. On l’a tous vu au nombre de personnes qui sont sorties pour les dénoncer. Or, ce n’est pas une raison pour autant de les associer à un des groupes politiques les plus extrémistes et les plus sanglants à n’avoir jamais existé dans l’histoire humaine. Il est important de s’en rappeler puisque l’oublier revient un peu à banaliser toutes les horreurs qu’ils ont commises au nom d’un idéal négatif et surtout raciste au point de vouloir tuer et exterminer de nombreux peuples. Or, le Chien de garde croit que même si ces individus et certaines organisations québécoises dont ils ont pris le contrôle font preuve d’un même germe d’hostilité, de fermeture et d’incompréhension de la réalité d’aujourd’hui que ces nazis à leur balbutiement uniquement, il est très déplacé et provocateur de les associer à tort à ces derniers. Il est inconcevable que ces individus aient le même dessein pour les anglophones que les nazis avaient pour les Juifs ou les Tziganes. Les associer à ces derniers revient à dire qu’ils sont des individus qui veulent un génocide… un GÉNOCIDE!

Ils ont beaucoup de tort et n’ont pas raison dans leur rhétorique de fermeture. Ils se voilent les yeux face au nouveau visage du Québec et ils vivent de rêves utopiques à leurs yeux, mais qui devant le regard des autres, n’ont vraiment pas la place dans notre société que nous avons choisie. Cependant, il faut savoir choisir ses mots avec justesse surtout lorsque nous savons tous les pouvoirs qu’ils confèrent à celui qui les utilise. Les mots et les connaissances qui viennent avec sont les nouvelles armes de notre société du savoir et celui qui les maîtrise peut arriver au sommet… Ils sont les canons de notre identité et les utiliser revient à vouloir porter un lourd fardeau, celui d’être responsable des conséquences qu’ils provoquent.

À cet effet, le Chien de garde croit que le journaliste Freed a manqué de jugement professionnel et qu’il n’est surtout pas mieux, dans ce cas-ci, que ceux qu’ils dénoncent. Ce conflit, s’il en est un, ne se règlera pas avec des allusions à des génocidaires, mais bien avec un choix de mots beaucoup plus pacifiques et surtout avec de la raison. Un dialogue n’en est un que si les parties en cause sont prêtes à s’écouter une et l’autre et surtout à se respecter dans ses positions respectives.

Le Chien de garde du Québec vous laisse avec une citation qui l’a marqué profondément. Il s’agit d’un passage du film V pour Vendetta que les auteurs ont visionné il y a plusieurs années. Dans ce film, on peut voir toute la puissance des mots dans une société, leurs puissances autant positives que négatives et c’est surtout cela qui laisse à réfléchir. La citation en question provient du personnage principal, soit V, quand il s’adresse à la population de Londres. Le Chien de garde vous laisse donc sur ces mots qui peuvent faire tomber ou renaître une société en entier…

« Les mots sont des armes redoutables, les mots nous donnent accès à la compréhension de ceux à qui ils sont adressés, soit à l’établissement de la vérité et de la raison. »

(V, dans le film V pour Vendetta, à 19 min 46 sec.)

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