Le Chien de garde

Grand parleur, petit faiseur ?

Posted in Environnement, Justice, Partis politiques provinciaux, Politique québécoise, Société by Le Chien de garde du Québec on juin 19, 2009

Logo Chien de garde du Québec« Au mois de septembre 2008, le Gouvernement provincial libéral annonçait la création d’un nouvel espace économique pour le Québec et un de ces aspects constituants résidait dans le développement du Nord québécois. Ce développement, il faut que le Gouvernement l’exécute selon les principes du développement durable et de l’occupation dynamique du territoire. Pour le Québec, il s’agit du laboratoire par excellence pour mettre sur pied une approche territoriale intégrée et porteuse de vision à long terme. Tous les acteurs de cette région, y compris les peuples des Premières Nations, doivent être appelés à rejoindre l’effort national qui s’y déploiera. Qu’il s’agisse du potentiel humain, économique, culturel ou récréotouristique, le développement nordique devra servir d’exemple pour les autres régions du territoire québécois et pour toutes les nations soucieuses du bien-être de leur population et du développement durable de leurs collectivités. » (Chagnon; PLQ, 2008)

Cette citation provient d’une analyse qu’un des auteurs du Chien de garde a produite dans le cadre de sa maîtrise en administration publique ainsi qu’une synthèse des déclarations du chef du Parti libéral du Québec, Monsieur Jean Charest. Pourquoi un billet sur ce sujet, vous vous dites ?

La raison est fort simple : la journaliste de Cyberpresse, Agnès Gruda, a sorti un article aujourd’hui qui s’intitule « Grand Nord : la situation des enfants se dégrade » – voir le lien suivant : http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/200906/18/01-877068-grand-nord-la-situation-des-enfants-se-degrade.php .

Dans cet article, elle dénonce le manque flagrant et honteux de ressources en services sociaux pour la région nordique du Québec. Il s’agit d’un véritable cri du cœur qu’elle lance au public et au Gouvernement afin que la situation ne sombre pas encore davantage, à un point peut-être de rupture définitive et sans retour possible. Il faut comprendre que cette région et sa population sont particulièrement touchées par des fléaux de société tels que la pauvreté, la violence familiale, l’abandon infantile, la dépendance à des substances illicites ou licites, etc. Devant ces problèmes graves et documentés en grand nombre, le Gouvernement est dans l’obligation de veiller à ce que des ressources suffisantes soient octroyées à cette région afin que les autorités sociales régionales puissent faire correctement leur boulot qui est d’essayer d’aider le plus possible la population à se sortir du cercle vicieux de l’exclusion sociale.

La journaliste commence son article par deux citations qui veulent tout dire sur la situation se trouvant là-bas et à votre intention, chers lecteurs, les voici pour que vous aussi vous puissiez juger de la gravité de ce problème.

« La situation est fragile et inquiétante, nous lançons un cri de désespoir, dit un responsable de la Protection de la jeunesse à Kuujjuaq, André Lebon. »

« La situation est dramatique, il y a eu une dégradation qui rend impérative une intervention concertée et immédiate, confirme la vice-présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Sylvie Godin, qui a été alertée la semaine dernière. »  (Gruda, 2009)

Alors, le Chien de garde du Québec demande donc au Premier ministre et à son équipe ministérielle, que comptez-vous faire pour régler cette situation ? Quand allez-vous la régler ?  Attendez-vous que la situation n’arrive à un point de rupture comme décrit plus haut dans ce commentaire ? Il est du devoir de votre Gouvernement de faire quelque chose, ce même Gouvernement qui clame haut et fort, et partout où il a la chance, qu’il veut développer le Grand Nord québécois en respect du développement durable et qu’il veut en faire une partie importante de son nouvel espace économique qu’il entend donner au Québec de demain.

En terminant, je vous laisse avec la définition du Gouvernement du Québec à propos du développement durable et vous allez alors comprendre par vous-même que ce dernier n’a vraiment pas le choix d’agir s’il veut être conséquent avec lui-même, ses principes et ses valeurs.

« Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. [Un des concepts importants de cette définition est celui] de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité. […] Même au sens le plus étroit du terme, le développement durable présuppose un souci d’équité sociale entre les générations, souci qui doit s’étendre, en toute logique, à l’intérieur d’une même génération. » (Gouvernement du Québec, 2009)

http://www.mddep.gouv.qc.ca/developpement/inter.htm

Post-scriptum :

Le Chien de garde du Québec demande à tous ses lecteurs qui se sentent concernés ou interpellés par les dernières lignes d’écrire ou de téléphoner à leur député provincial pour leur faire part de votre mécontentement face à cette situation. N’oubliez jamais que plus nous serons nombreux à japper fort, plus les gouvernements seront obligés de nous écouter et cela ne peut être que bénéfique à long terme pour notre société.

Les Québécois et le débat public : quelle voie choisissons-nous ? Réflexion sur un sujet qui ne dépend pas de l’actualité.

Posted in Culture et identité, Politique québécoise, Société by Le Chien de garde du Québec on juin 19, 2009

Logo Chien de garde du QuébecDepuis son entrée dans la modernité, le Québec a connu une évolution impressionnante, particulièrement en ce qui a trait à sa société civile. En l’espace de moins d’un siècle, il est passé d’un statut relativement traditionaliste à celui d’une nation ouverte sur le monde, plutôt progressiste et attaché aux valeurs du nationalisme civique et de liberté individuelle. Ailleurs en Occident, rarement a-t-on pu constater un changement aussi rapide et harmonieux.

Cette ouverture a eu comme conséquence majeure le changement de l’implication du citoyen. Mieux informé, en mesure de prendre des décisions éclairées et armées des principes qu’on a énumérés, il a finalement acquis ce qui lui faisait défaut à une autre époque pour participer à la discussion publique. Du moins en principe. Autrefois, le débat était orienté par des autorités dont le discours n’était que rarement ou difficilement remis en question, mais néanmoins courageusement défié par des gens aux convictions inébranlables. Ainsi a germé la démocratie. Mais l’ampleur de ce changement n’a probablement pas suffi à effacer toute trace d’un passé trouble. En dépit de nos avancées, de vieux réflexes n’ont pas cédé. Un fort sens du communautarisme persiste et comporte son lot de conséquences. En effet, les différents groupes d’intérêt qui composent notre grande famille nationale sont devenus des empêcheurs de tourner en rond ou des protecteurs de chasses-gardées aux intérêts très ciblés. C’est devenu une façon de s’assurer que rien ne change pour le mieux : miser sur la cohésion du groupe et son mode de vivre ensemble pour tuer le débat. Vous avez bien lu, on veut tuer le débat.

Le temps est venu d’une vaste réflexion sur ce sujet, car la paralysie ne fera que rendre notre société moins attrayante. Au premier chef, on doit repenser notre façon de débattre et de prendre des décisions.

On doit maintenant s’expliquer et pour ce faire, on examinera des cas particuliers de « grands débats » et les conséquences qu’ils ont eues. Prenons comme premier exemple le débat lucide-solidaire, qui est mort-né et n’a pas fait progresser le Québec d’un iota. Cet épisode a permis de montrer au grand jour à quel point on était prisonniers des idéologues. Quel était l’intérêt des acteurs en place de débattre du bien commun, sinon de réaffirmer l’hostilité d’un camp face à l’autre ? Les questions qui ont été posées par les uns ont été anéanties par les efforts des autres et en conséquence, rien n’a été résolu. Le modus vivendi, c’est-à-dire la façon de prendre nos décisions au jour le jour, est resté le même… malgré l’urgence de la revoir. C’est quand même décevant! D’habitude, un débat sert justement à trouver des solutions. À quoi bon débattre alors, si ce n’est que pour revenir à la case départ ?

La même réflexion peut s’appliquer jusqu’à un certain point au fameux débat sur les pratiques interculturelles, conduit par la commission Bouchard-Taylor. S’il est vrai que tous ont eu l’occasion de s’exprimer sur un enjeu de première importance, on ne peut pas non plus dire que les résultats ont été intéressants et impressionnants. Encore une fois, les discours se sont opposés sans finalement trouver de point d’entente pour construire sur une nouvelle base nos relations citoyennes. L’ex-majorité silencieuse est redevenue tout aussi silencieuse et les immigrants et membres de certains groupes ethniques ont toujours autant de difficultés avec l’emploi et l’intégration (à ce sujet, voir les taux de chômage qui les affectent au cas par cas). Les relations ne sont pas meilleures qu’elles ne l’étaient en 2006, à la veille de ce qu’on a appelé à tort la « crise des accommodements raisonnables », une extension malheureuse d’un principe juridique qu’on a étiré jusqu’à lui faire perdre son sens… par pur opportunisme.

La difficulté qu’on a identifiée va beaucoup plus loin que ça ! Officiellement, nous sommes un des rares endroits au monde où construire un hôpital cause une saga… Attention, nous devrons bientôt refaire deux échangeurs ! Les décideurs sont absents, les griefs sont nombreux et les intérêts corporatistes ont trouvé une niche. Pourquoi ça ? Parce que tout le Québec, dans sa grande phase de train-train, a abdiqué ses responsabilités.

Les Québécois doivent plus que jamais s’interroger sur l’efficacité de leurs débats, sinon ils seront condamnés à subir les événements. Ça passe par un changement d’objectif : débattre pour devenir meilleur. Pas pour emporter l’adhésion du groupe et serrer les rangs. Nous valons plus que ça. N’ayons pas peur de transcender. Lorsque le changement s’impose, il ne doit pas céder devant les intérêts des divers groupes : tous devraient constater un ensemble de faits semblables et proposer diverses solutions pour finalement opter pour la meilleure. À défaut, l’exercice de débat est un leurre et la liberté d’expression, un véhicule qui n’avance pas.

 On ne peut changer une culture ou une société du tout au tout, mais une culture doit pouvoir s’adapter aux épisodes qui la façonnent. Il est encore temps. La balle est dans notre camp. À moins qu’on préfère se consoler en regardant les moins bons faire moins bien…

Les Américains lorgnent sur le côté canadien pour leur réforme de la santé!

Posted in États-Unis, Culture et identité, Politique fédérale, Politique québécoise, Santé, Société by Le Chien de garde du Québec on juin 18, 2009

Logo Chien de garde du QuébecEn suivant le lien suivant (http://www.lactualite.com/blogues/obama/reforme-de-la-sante-pour-ou-contre-le-systeme-canadien), vous apprendrez que le système de santé canadien et, par extension, celui celui existant au Québec font l’objet d’un débat intense aux États-Unis pour la réforme de leur système de santé promis par Obama. D’un côté, il y a ceux qui regardent avec envie le système canadien avec son souci d’équité et d’égalité et, de l’autre, vous retrouvez les détracteurs de ce système qui affirment qu’au Canada, on soigne les gens comme des communistes et des socialistes. Pour le bénéfice de tous les lecteurs, voici donc un ABC très simple sur le système de santé canadien.

La Loi canadienne sur la santé, celle qui a forgé le système canadien, représente un choix de société qui a été fait pour l’intérêt commun de la nation canadienne. De plus, elle est aussi une partie constituante importante de la fondation sociale de notre pays et de chaque entité régionale le composant. Contrairement aux Américains qui ont toujours penché vers les droits payants, le Canada et ses provinces considèrent depuis bien longtemps que la santé est plutôt un droit acquis auquel la société a appris à s’attacher autant qu’aux droits et libertés fondamentales inscrits dans la Charte canadienne. Cependant, certains détracteurs auxquels le journaliste fait allusion dans son billet ont raison sur les lacunes du système de santé canadien. Ce domaine doit être la cible d’améliorations urgentes et continues afin d’être véritablement le reflet concret de la vision idéaliste qui était présente à ses balbutiements dans la société canadienne. Ces situations problématiques doivent être à prendre comme un défi pour l’innovation et l’efficience des façons de faire dans ce domaine, et ce, surtout afin d’en assurer la pérennité sur l’ensemble du territoire. Finalement, au lieu de privilégier constamment le privé comme solution passe-partout miracle, les autorités publiques compétentes devraient plutôt pencher d’abord et avant tout sur une réorganisation et une utilisation plus efficiente des ressources consenties à cette fin. Un petit conseil du Chien de garde du Québec… ce chantier devra faire l’objet d’un débat tous azimuts afin de pouvoir identifier des pistes de solution favorisant réellement la durabilité de notre système de santé, véritable acquis social pour les populations du Québec et du Canada… un système qui n’a franchement rien à envier à celui de notre voisin du sud!

C’est croire que même si on n’est pas parfait comme société, nous sommes quand même meilleurs que d’autres… C’est un débat dont l’issue n’est pas encore scellée chez nos voisins, en espérant qu’ils sauront faire les bons choix comme les Canadiens ont su le faire il y a bien longtemps.

La souveraineté ou la crise économique?

Posted in Partis politiques provinciaux by Le Chien de garde du Québec on juin 14, 2009

Logo Chien de garde du QuébecLe Chien de garde s’est senti dans l’obligation de produire un commentaire sur une série d’événements qui se passent dans la politique québécoise depuis quelques semaines. Ledit événement est la tentative désespérément futile du Parti Québécois de relancer le projet souverainiste, et ce, à toutes les sauces possibles… contre les déboires de la Caisse de dépôt et placement du Québec… contre le réchauffement climatique… contre les sables bitumineux… contre la crise économique… tant qu’à faire, autant être indépendant pour régler la pandémie du sida ou le problème de la faim dans le monde!

Ce que le Chien de garde veut dire, c’est qu’il faut savoir être mesuré et logique dans la vie et que croire que l’indépendance nationale viendra régler tous les maux de notre société et faire du Québec le « plusss » meilleur pays au monde, c’est rêver naïvement en couleur. Si le Parti Québécois pense que c’est de cette façon qu’il montrera à la population québécoise qu’il représente l’autre option capable de gouverner notre province, il se trompe lourdement et mérite amplement de continuer ses petites galères contre-productives sur les bancs de l’opposition.

Un parti d’opposition et, de surcroit, surtout celui qui forme le groupe officiel doit être capable de présenter un projet de société avec une vision et des solutions sensées aux problèmes réels et concrets que la population connaît à tous les jours. Aujourd’hui, le 14 juin 2009, il me semble que ce n’est pas l’indépendance qui est au sommet de ce palmarès, mais plutôt des solutions qui feraient en sorte que le Québec ressorte plus fort et plus vite de la crise économique actuelle. Or, il est très surprenant de voir une femme comme Pauline Marois, qui se dit terre-à-terre et connectée avec la population, être si loin de cette réalité qu’elle décrit comme la sienne en politique.

Un petit conseil utile au Parti Québécois et à sa « cheffe » qui espèrent ardemment mettre en déconfiture le Parti libéral du Québec et Jean Charest afin de former le prochain gouvernement … cela sera uniquement possible si vous mettez réellement de côté votre article 1 et toutes ses ramifications en petits caractères, dans les oubliettes si possible. La population n’est pas crédule au point de vous croire lorsque vous affirmez que l’indépendance règlera tout et surtout qu’elle leur mettra plus d’argent dans les poches…

Les Grands Bâtisseurs du Québec

Posted in Partis politiques provinciaux by Le Chien de garde du Québec on mai 27, 2009

Logo Chien de garde du QuébecLe 22, 23 et 24 mai derniers se tenait le Conseil général du Parti libéral du Québec à Laval. Le Chien de garde croit qu’il est important de mettre un bémol sur un événement de la fin de semaine qui est le sacre de Jean Charest comme Grand Bâtisseur du Québec. Il est vrai que le Premier ministre avec son gouvernement est celui qui a refait démarrer les grands projets hydroélectriques dans sa phase opérationnelle, mais il n’est pas le Grand Bâtisseur que son parti prétend être.

Premièrement, il est important de comprendre que les présents travaux d’hydroélectricité et les futurs projets d’Hydro-Québec ont été amorcés par un autre Premier ministre qui est Bernard Landry. Comme le mentionnait André Pratte du journal La Presse, dans son éditorial du 26 mai 2009, il a fallu que le gouvernement péquiste fasse la grande paix avec les premières nations puisque tous les grands projets avaient été gelés depuis l’époque de l’échec de Parizeau avec la Grande-Baleine. De ce fait, si Jean Charest est un Grand Bâtisseur comme il se prétend l’être, c’est uniquement parce que son prédécesseur l’est tout autant. On peut alors se poser la question suivante : est-ce que le gouvernement libéral aurait pu avoir et concrétiser des projets comme son Plan Nord, la Romaine ou tous les autres projets énergétiques si ce n’était l’œuvre du gouvernement péquiste précédent?

Deuxièmement, si Jean Charest avait été le Grand Bâtisseur qu’il prétend être pour le Québec, lui et son parti auraient joué franc jeu lors de leur Conseil général en redonnant à Lévesque ce qui appartient à Lévesque, soit l’avènement de l’hydroélectricité comme moteur de développement pour le Québec. Il ne faut pas oublier que ce dernier avant de créer le Parti Québécois a été ministre pour le gouvernement Lesage et c’est à lui que l’on doit la nationalisation de l’or bleu sur le sol québécois. Il est important de mentionner que c’est principalement son œuvre puisque Lesage et ses principaux ténors n’en étaient pas convaincus au départ.

En somme, il est vrai que l’on doit beaucoup au Parti libéral du Québec pour ce qui est du développement énergétique de notre belle province, mais il faut savoir être bon joueur et reconnaître les bons coups de ses adversaires. Ceci, peut-être, pourrait ressembler à un premier pas pour briser le cercle vicieux du désintérêt citoyen et de l’hyperpartisanerie politique.

Post scriptum – Le Chien de garde croit qu’il est tout de même important de spécifier à Jean Charest et son équipe qu’il faudra maintenant livrer la marchandise… puisque les belles paroles ont déjà été dites.